La découverte d'œuvres susceptibles d'intéresser le musée pour intégrer sa collection permanente suivrait-elle étonnamment la loi des séries ?... Coup sur coup, trois occasions d'achat se sont en effet présentées à notre association au cours de ce mois de juin 2026, concentrées en moins de deux semaines. C'est grâce à des sites spécialisés sur lesquels la directrice du musée et nous-mêmes avons des alertes sur un certain nombres d'artistes et quelques mots-clés comme ... Le Faouët (!) - étonnant non ?... - que nous sommes au courant des ventes et des œuvres potentiellement intéressantes qui "passent dans le commerce de l'art", selon l'expression consacrée.
Le jeudi 11 juin dernier avait lieu à Pontivy une vente aux enchères chez la maison de ventes Wassilieff d'Espalingue au cours de laquelle l'association a remporté l'adjudication d'un tableau de Pierre Cadre (1884-1972) intitulé "La chaussée des géants, Le Faouët". La toile fait 38 x 46 cm et est signée en bas à gauche. L'artiste, né à Pontivy a partagé son temps entre sa ville natale et Belle-Île-en-Mer. Un catalogue richement illustré, rédigé par Danielle Blancaneaux en juillet 2011 : "Pierre-Louis Cadre, peintre de la Bretagne" retrace sa vie et présente de nombreuses œuvres du peintre. Notre tableau y est d'ailleurs reproduit page 107. Cette "Chaussée des Géants" est une allée qui permet d'accéder au site bien connu de Sainte Barbe.
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| Pierre Cadre : La Chaussée des géants - huile sur toile 38 x 46 cm |
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| Pierre Cadre : La Chaussée des Géants - hst 38 x 46 cm - titrée sur le cadre |
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| Pierre Cadre : La Chaussée des Géants - hst 38 x 46 cm - dos de la toile |
Seconde opportunité : le samedi 20 juin, notre association a fait l'acquisition à Poitiers, à l'Hôtel des ventes de la ville ( maison Boissinot-Tailliez ), d'un tableau daté 1908, intitulé : "Le Faouët, le moulin" - 33 x 46 cm - d'un dénommé Arthur GUÉ (1857-1916) dont nous ignorions jusqu'alors l'existence et a fortiori
sa venue en Bretagne. L'étude du commissaire-priseur mettait en vente
le fonds - oui, il y a bien un "s" dans ce cas !... - d'atelier de
l'artiste, originaire de Rochefort-sur-Mer, soit 102 tableaux, dont une quinzaine (huiles et aquarelles)
concernaient la Bretagne. Il est plutôt rare que le fonds d'atelier d'un
artiste soit dispersé 110 ans après son décès ! Cela a lieu le plus souvent tout au
plus une décennie après sa disparition, mais apparemment la descendance
avait tout conservé jusqu'à aujourd'hui. Cela peut expliquer aussi le peu de
visibilité du peintre. Le tableau représente l'un de ces vieux moulins qui se trouvaient au bord de l'Ellé, au fond de la vallée, type de paysage que l'on peut apercevoir lorsqu'on descend, partant de la chapelle Sainte Barbe jusqu'à la fontaine et plus bas la rivière, ou aux alentours. Sauf qu'au début du 20e siècle les pentes de la vallée étaient très peu boisées.
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| Arthur Gué (1857-1916) - Le moulin, Le Faouët - hst 33 x 46 cm, datée 1908 |
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| Arthur Gué (1857-1916) - Le moulin, Le Faouët - hst 33 x 46 cm, datée 1908 |

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| Arthur Gué (1857-1916) - Le moulin, Le Faouët - hst 33 x 46 cm, datée 1908 - dos de la toile |
En 1903 l'artiste abandonne l'atelier de chromolithographie hérité de son père à Poitiers pour se consacrer entièrement à la peinture. Il est l'élève de Luigi Loir. Il débute au Salon des artistes français en 1906 dont il devient membre l'année suivante et aura les honneurs de deux expositions personnelles à Paris dans la célèbre Galerie Georges Petit, en 1910 et 1913. Il partage alors son temps entre Poitiers et Paris.
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| Cachet de l'étude attestant de la vente du fonds d'atelier Arthur GUÉ (1857-1916) |
Petit rappel : En janvier 2024, notre association avait acquis à Drouot, à Paris, pour en faire don au musée un tableau d'Albert Léopold Pierson (1864-1923) intitulé : "L'Ellé au Faouët, derniers rayons" qui représentait un paysage assez semblable.
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| Albert Léopold Pierson (1864-1923) L'Ellé au Faouët, derniers rayons (hst 52 x 71 cm) |
Troisième occasion : Le même jour, samedi 20 juin 2026, était mise en vente dans le Tarn, à Albi, une huile sur toile de Claude MARKS, artiste anglo-saxon, né à Londres, actif entre 1895 et 1915. On ne connait pas ses dates exactes de naissance et de décès.
On sait assez peu de choses sur lui. Le
musée du Faouët possède déjà une œuvre du peintre, et l'on sait qu'il
est venu à plusieurs reprises au Faouët. Le tableau acheté ( 55 x 46 cm ; signé en bas à gauche) était intitulé, dans le catalogue : " Jeune fille à la baratte de beurre " (pas de mention du
Faouët, donc...) mais l’œil exercé de la directrice du musée sur
l'alerte que nous avons reçue de la vente à partir du nom de l'artiste, a
tout de suite reconnu le capot (et le vêtement) caractéristiques du Faouët !... L'association a eu la chance également de remporter l'adjudication de ce troisième tableau lors de la vente.
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| Claude Marks - Jeune fille à la baratte de beurre - hst 55 x 46 cm |
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| Claude Marks - Jeune fille à la baratte de beurre - hst (55 x 46 cm) zoom sur la signature |
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| Claude Marks - Jeune fille à la baratte de beurre - détail | |
Rappelons que ce n'est qu'après un avis favorable de la
commission d'urgence de la Direction régionale des affaires culturelles à
Rennes ("DRAC Bretagne") suite aux dossiers "montés" efficacement par Anne Le
Roux-Le Pimpec, que l'association a pu se porter acquéreuse. Le musée ayant le statut de "Musée de France" et recevant des fonds du Ministère de la Culture, tout achat (ou don) est en effet soumis à l'acceptation de cette émanation du ministère en région.