Le 4 septembre dernier, l'association des Amis du musée a acheté pour le musée du Faouët, un dessin représentant une vue du côté et du porche sud de la chapelle Saint-Fiacre. Ce dessin original à la mine de plomb sur papier velin ( 23,5 x 34,5 cm ) a été très certainement réalisé par Félix BENOIST (1818-1986). Ce dernier, né à Saumur et mort à Nantes, était peintre, dessinateur et lithographe.
| Félix Benoist (1818-1896) - Chapelle Saint-Fiacre Le Faouët - dessin à la mine de plomb (23,5 x 34,5 cm) |
Il a réalisé des centaines, sans doute même de milliers, de dessins de différentes régions françaises, en particulier en Normandie et en Bretagne (mais aussi en Italie et dans la région parisienne). Dans ce cadre, il a participé à la réalisation de plusieurs ouvrages de gravures, albums de lithographies, édités en Bretagne vers le milieu du 19e siècle : La Galerie Armoricaine (en 1845) où l'on retrouve le nom d'un autre dessinateur-graveur très connu, François-Hippolyte Lalaisse, et, vingt ans plus tard, les 3 tomes de La Bretagne contemporaine (1864-1865).
Ci-dessous, trois détails du dessin de Félix Benoist pour admirer la précision et la profusion des détails architecturaux de l'édifice religieux. La flèche centrale de la façade, l'un des vitraux et le porche sud. Ce porche méridional (daté vers 1450) à l'origine entrée principale, est considéré comme un chef d’œuvre du gothique flamboyant. On notera que les statues initialement présentes sous le porche n'y sont déjà plus, ce qui est logique puisqu'elle ont été détruites et enlevées à la Révolution Française alors que le dessin date très certainement des années 1850-1860...
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| Dessin de Félix Benoist - Détail de la flèche centrale de Saint-Fiacre |
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| Dessin de Félix Benoist - Détail d'un vitrail ; Flanc sud de la chapelle Saint-Fiacre |
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| Dessin de Félix Benoist - Saint Fiacre : détail du porche sud - |
Selon le commissaire-priseur, (étude d'Éric Caudron) ce dessin (ainsi qu'une dizaine d'autres concernant le Morbihan faisant partie de la vente) provenait du fonds d'atelier des établissements H. CHARPENTIER, acquis par un marchand parisien il y a une quinzaine d'années. En effet, Félix Benoist travaille avec les éditeurs-imprimeurs parisiens et nantais Pierre-Henri Charpentier, puis, à partir de 1854, avec son fils Henri-Désiré Charpentier (1806-1882). Ceux-ci faisaient réaliser, à partir des dessins originaux fournis par l'artiste, des lithographies qui étaient ensuite publiées dans leurs recueils.
Comme à l'ordinaire, pour que ce dessin puisse intégrer la collection permanente du musée il fallait l'accord de le Direction Régionale de l'Action Culturelle, la DRAC Bretagne à Rennes. Nous l'avons obtenu, grâce au dossier constitué et déposé par Anne Le Roux-Le Pimpec, sans difficulté et à l'unanimité, d'autant plus que le musée possédait déjà, dans ses collections, la lithographie réalisée justement à partir de ce dessin qui n'était jusqu'alors pas connu !...
Cette lithographie ( ici encadrée) a été publiée dans la Galerie Armoricaine vers 1865.
Lithographie éditée par H. Charpentier, Nantes - Collection musée du Faouët |
Lithographie éditée par H. Charpentier, Nantes - Collection musée du Faouët (sans cadre) |
Il est amusant de jouer au "jeux des sept erreurs" en comparant le dessin original de Benoist et la lithographie finale. En effet, les éditeurs faisaient appel à plusieurs personnes dans cette chaîne d'élaboration de la gravure, pratiquant une sorte de division du travail. Sur le terrain, Félix Benoist dessine le flanc sud de la chapelle Saint-Fiacre dans ses moindres détails. Un lithographe va, dans un second temps, reporter fidèlement, mais à l'envers, le dessin de Benoist sur une pierre spéciale appelée pierre lithographique.
Vous noterez qu'outre la paysanne et sa vache, à gauche, déjà bien présentes sur le dessin, apparaissent sur la gravure pas moins de huit autres personnages qui n'y existaient pas !... Souvent juste sous forme de petites silhouettes à l'arrière-plan, hormis l'homme au premier plan et au centre de la planche. Deux de ces personnages escaladent le mur entourant l'édifice, quatre autres se trouvent devant le portail occidental de la chapelle. Cette pratique était très courante, et presque systématiquement généralisée à l'époque, afin de donner vie à l'image (et aussi de donner l'échelle...). On convoquait pour cela un artiste spécialiste, souvent appelé "faiseur de bonshommes" qui insérait des silhouettes humaines - paysans, promeneurs, bourgeois, soldats... - très prisées du public, pour animer l'image.
Les "bonshommes" rajoutés sur l'estampe par rapport au dessin original... |
Grâce à vos adhésions et vos cotisations, dessin ET lithographie correspondante, vont donc se retrouver côte à côte dans la collection permanente du musée.



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