mardi 23 juin 2026

L'ASSOCIATION ACHÈTE TROIS NOUVEAUX TABLEAUX POUR LE MUSÉE

  La découverte d'œuvres susceptibles d'intéresser le musée pour intégrer sa collection permanente suivrait-elle étonnamment la loi des séries ?...  Coup sur coup, trois occasions d'achat se sont en effet présentées à notre association au cours de ce mois de juin 2026, concentrées en moins de deux semaines. C'est grâce à des sites spécialisés sur lesquels la directrice du musée et nous-mêmes avons des alertes sur un certain nombres d'artistes et quelques mots-clés comme ... Le Faouët (!) - étonnant non ?... -  que nous sommes au courant des ventes et des œuvres potentiellement intéressantes qui "passent dans le commerce de l'art", selon l'expression consacrée. 

 
Le jeudi 11 juin dernier avait lieu à Pontivy une vente aux enchères chez la maison de ventes Wassilieff d'Espalingue au cours de laquelle l'association a remporté l'adjudication d'un tableau de Pierre Cadre (1884-1972) intitulé "La chaussée des géants, Le Faouët". La toile fait 38 x 46 cm et est signée en bas à gauche. L'artiste, né à Pontivy a partagé son temps entre sa ville natale et Belle-Île-en-Mer. Un catalogue richement illustré, rédigé par Danielle Blancaneaux en juillet 2011 : "Pierre-Louis Cadre, peintre de la Bretagne" retrace sa vie et présente de nombreuses œuvres du peintre. Notre tableau y est d'ailleurs reproduit page 107. Cette "Chaussée des Géants" est une allée qui permet d'accéder au site bien connu de Sainte Barbe. 
 
Pierre Cadre : La Chaussée des géants - huile sur toile 38 x 46 cm

 
Pierre Cadre : La Chaussée des Géants - hst 38 x 46 cm - titrée sur le cadre

 
Pierre Cadre : La Chaussée des Géants - hst 38 x 46 cm - dos de la toile

 
Seconde opportunité : le samedi 20 juin, notre association a fait l'acquisition à Poitiers, à l'Hôtel des ventes de la ville ( maison Boissinot-Tailliez ), d'un tableau daté 1908, intitulé : "Le Faouët, le moulin"  - 33 x 46 cm - d'un dénommé Arthur GUÉ (1857-1916) dont nous ignorions jusqu'alors l'existence et a fortiori sa venue en Bretagne. L'étude du commissaire-priseur mettait en vente le fonds - oui, il y a bien un "s" dans ce cas !... -  d'atelier de l'artiste, originaire de Rochefort-sur-Mer, soit 102 tableaux, dont une quinzaine (huiles et aquarelles) concernaient la Bretagne. Il est plutôt rare que le fonds d'atelier d'un artiste soit dispersé 110 ans après son décès ! Cela a lieu le plus souvent tout au plus une décennie après sa disparition, mais apparemment la descendance avait tout conservé jusqu'à aujourd'hui. Cela peut expliquer aussi le peu de visibilité du peintre. Le tableau représente l'un de ces vieux moulins qui se trouvaient au bord de l'Ellé, au fond de la vallée, type de paysage que l'on peut apercevoir lorsqu'on descend, partant de la chapelle Sainte Barbe jusqu'à la fontaine et plus bas la rivière, ou aux alentours. Sauf qu'au début du 20e siècle les pentes de la vallée étaient très peu boisées.
 
Arthur Gué (1857-1916) - Le moulin, Le Faouët - hst 33 x 46 cm, datée 1908

 
Arthur Gué (1857-1916) - Le moulin, Le Faouët - hst 33 x 46 cm, datée 1908

Arthur Gué (1857-1916) - Le moulin, Le Faouët - hst 33 x 46 cm, datée 1908 - dos de la toile


En 1903 l'artiste abandonne l'atelier de chromolithographie hérité de son père à Poitiers pour se consacrer entièrement à la peinture. Il est l'élève de Luigi Loir. Il débute au Salon des artistes français en 1906 dont il devient membre l'année suivante et aura les honneurs de deux expositions personnelles à Paris dans la célèbre Galerie Georges Petit, en 1910 et 1913. Il partage alors son temps entre Poitiers et Paris.

Cachet de l'étude attestant de la vente du fonds d'atelier Arthur GUÉ (1857-1916)

Petit rappel : En janvier 2024, notre association avait acquis à Drouot, à Paris, pour en faire don au musée un tableau d'Albert Léopold  Pierson (1864-1923) intitulé :  "L'Ellé au Faouët, derniers rayons" qui représentait un paysage assez semblable.
 
Albert Léopold Pierson (1864-1923) L'Ellé au Faouët, derniers rayons (hst 52 x 71 cm)

 
Troisième occasion : Le même jour, samedi 20 juin 2026,  était mise en vente dans le Tarn, à Albi, une huile sur toile de Claude MARKS, artiste anglo-saxon, né à Londres, actif entre 1895 et 1915. 
On ne connait pas ses dates exactes de naissance et de décès.  On sait assez peu de choses sur lui. Le musée du Faouët possède déjà une œuvre du peintre, et l'on sait qu'il est venu à plusieurs reprises au Faouët. Le tableau acheté ( 55 x 46 cm ; signé en bas à gauche) était intitulé, dans le catalogue : " Jeune fille à la baratte de beurre " (pas de mention du Faouët, donc...) mais l’œil exercé de la directrice du musée sur l'alerte que nous avons reçue de la vente à partir du nom de l'artiste, a tout de suite reconnu le capot (et le vêtement) caractéristiques du Faouët !... L'association a eu la chance également de remporter l'adjudication de ce troisième tableau lors de la vente.
 
Claude Marks - Jeune fille à la baratte de beurre - hst 55 x 46 cm

 
Claude Marks - Jeune fille à la baratte de beurre - hst (55 x 46 cm) zoom sur la signature

Claude Marks - Jeune fille à la baratte de beurre - détail
 

Rappelons que ce n'est qu'après un avis favorable de la commission d'urgence de la Direction régionale des affaires culturelles à Rennes ("DRAC Bretagne") suite aux dossiers "montés" efficacement par Anne Le Roux-Le Pimpec, que l'association a pu se porter acquéreuse. Le musée ayant le statut de "Musée de France" et recevant des fonds du Ministère de la Culture, tout achat (ou don) est en effet soumis à l'acceptation  de cette émanation du ministère en région.


 

lundi 11 mai 2026

PODCAST SUR L'EXPOSITION "LES SONNEURS VUS PAR LES ARTISTES EN BRETAGNE" SUR "RADIO BALISE"

 

 


Anne Le Roux-Le Pimpec, directrice du musée du Faouët avait été sollicitée début avril, quelques jours après l'ouverture de l'exposition temporaire de cette année : "Les Sonneurs vus par les artistes en Bretagne", pour réaliser une interview sur Radio Balise à propos de l'exposition. Cette interview vient d'être diffusée ce matin, lundi 11 mai 2026, sur cette antenne et elle sera rediffusée le jeudi 14 mai à 17h.  Par ailleurs, elle sera également diffusée sur Radio BOA le lundi 8 juin prochain.Vous l'avez ratée ?.... pas de souci !...
 
Vous trouverez ci-dessous le lien pour accéder au podcast (celui-ci dure une vingtaine de minutes) : 
 
 
Bonne écoute à toutes et tous ! 

 


dimanche 19 avril 2026

LES SONNEURS VOUS ATTENDENT AU MUSÉE DU FAOUËT ! : L'EXPOSITION 2026 EST OUVERTE...

 

    L'exposition de la saison 2026 est ouverte au musée du Faouët !.. et pour six mois, du 4 avril au 4 octobre. Après l'ambiance des tons verts de l'an passé, une atmosphère toute différente avec des couleurs ocres, sable et bordeaux pour vous faire vivre cet évènement. Venez rencontrer ces couples de sonneurs : joueurs de biniou et de bombarde qui, depuis le Moyen-âge, ont animé les mariages mais aussi tous les évènements festifs de la vie quotidienne en Bretagne... Plus de cent-vingt œuvres, objets et documents montrent la vision esthétique, parfois exotique, des artistes sur ces sonneurs. 

 

    En Bretagne, les joueurs de biniou et de bombarde, appelés aussi sonneurs, ont été une source d’inspiration pour de nombreux artistes. De la peinture à la céramique, en passant par la gravure, la photographie ou encore la sculpture, ce couple de musiciens a été régulièrement représenté dans les différents moments de vie des Bretons.

 

     Qu’il s’agisse d’une aire à battre, d’une noce, d’un bal du 14 juillet et bien d’autres occasions, ils jouent l’air de circonstance. Au-delà de la transmission orale de leur musique, ces passeurs d’une mémoire collective ont su arranger leurs morceaux et moderniser leur pratique instrumentale, toujours d’actualité au 21e siècle.


    La représentation des joueurs de biniou et de bombarde est attestée, en Bretagne, bien avant les années 1800. En effet, quelques exemples se trouvent dès le Moyen-Âge, notamment dans la sculpture religieuse ; comme en témoigne au Faouët, l’une des sablières de la chapelle Saint-Sébastien ou encore l’un des éléments du décor du jubé de la chapelle Saint-Fiacre. 

    Ces premières représentations avaient un but bien précis : mettre en garde les fidèles du côté subversif de la musique populaire et de la danse, perçues par l’Église comme symboles de péchés, et traduisant la peur que leur inspirait ces musiciens. 

 

 

    Le couple de musiciens ne sonnait pas toute l’année même si diverses occasions se présentaient, comme lors des travaux agricoles ; à l’occasion de fêtes comme celle de la filerie ou celle profane des pardons ; ou encore lors du bal du 14 juillet et au cours d’autres réjouissances organisées par les communes et parfois les cafés. C’est néanmoins la noce, fête par excellence qui durait trois jours, qui était la plus rémunératrice ; la concurrence était donc rude entre sonneurs et certains préféraient payer des manœuvres pour les remplacer dans leur activité quotidienne plutôt que de manquer une occasion de sonner lors d’un mariage. 

  

    Effectivement, cet événement dans la vie des Bretons ne se déroulait essentiellement qu’après les grands travaux de l’été et avant ceux du printemps. Présents tout au long des festivités, les sonneurs accompagnaient les « futurs » mariés et leurs convives, adaptant leurs airs en fonction des différents moments qui rythmaient le déroulé de la noce : de l’accueil des familles à l’accompagnement du cortège d’invités, ou encore lors de la danse d’honneur après la cérémonie, mais aussi pour se rendre au festin ou pour reconduire les invités à la fin des festivités. 

 

 

    Toutes ces étapes devaient être accompagnées de l’air adéquat : joyeux, rythmé ou plus modéré. Des festivités que les artistes n’ont pas manqué de représenter, amateurs de ces scènes « pittoresques » qui mêlaient gaieté, joie, costumes, danses et musiques traditionnelles.

 


 

    Le couple biniou-bombarde, jouant en duo, n’est attesté de façon irréfutable en Bretagne dans la littérature qu’à partir des années 1800, grâce aux dessins d’Olivier Perrin à Kerfeunteun près de Quimper. Dès lors, le biniaouer (sonneur de biniou) et le talabarder (sonneur de bombarde) deviennent des personnages incontournables du paysage armoricain, rythmant tous les épisodes festifs bien gagnés dans une vie de labeur souvent éprouvante.

 


     Il n’est donc pas surprenant que la représentation de ce tandem de musiciens, ait irrigué toutes les disciplines artistiques : peinture, dessin, gravure, mais aussi la photographie, accessible vers le milieu de ce 19e siècle, et popularisée par son corollaire, la carte postale.  

 


    N’oublions pas la 3e dimension avec la sculpture et, tout particulièrement pour la Bretagne, la céramique, avec son foisonnant foyer quimpérois. C’est donc grâce à la diversité de ces médiums que les artistes ont eu le loisir de s’exprimer, chacun avec sa propre sensibilité. Des représentations de sonneurs reprises progressivement par les publicitaires qui y voient une aubaine, contribuant à diffuser et développer la figure de ces musiciens dans une forme d’imagerie de la Bretagne où le pittoresque s’allie au folklore.