mardi 30 juin 2026

UN "DOUBLÉ" GAGNANT MUSÉE - ASSOCIATION AUTOUR DE MATHURIN MÉHEUT !

    La production de Mathurin Méheut (1882-1958) concernant la Bretagne est importante en nombre et présente sous des formes très diverses : grandes gouaches aux couleurs éclatantes, milliers de dessins aux traits de crayon énergiques immédiatement reconnaissables ou encore illustration de nombreux ouvrages comme ceux de Pierre Loti, Maurice Génevoix ou le mythique "Regarde" de Colette.
 L’œuvre est actuellement très recherchée et les prix, sur le marché de l'art, sont en conséquence !
    Le musée du Faouët et notre association viennent, à quelques jours d'intervalle et de façon très complémentaire, de faire l'acquisition de deux œuvres de l'artiste qui se répondent fort opportunément et de manière très harmonieuse.
 
    Mardi 23 juin, la municipalité du Faouët, par le biais du musée, a acheté à Drouot, à Paris, à l'étude de Nicolas Nouvelet, commissaire-priseur, une jolie aquarelle gouachée de Méheut sur une feuille de format approximativement A4 : 27,5 x 22,5 cm (lot n° 61 de la vente). Elle est titrée : "Sabotiers près du Faouët" en bas à gauche par l'artiste lui-même et dédicacée et monogrammée, du fameux MM, en haut à droite.
 
Mathurin Méheut - Sabotiers près du Faouët ; aquarelle 27,5 x 22,5 cm

Mathurin Méheut - Titre de l'aquarelle gouachée et monogramme MM, bas gauche.

     Disposant chaque année, comme la plupart des musées, d'un montant alloué par la municipalité pour l'achat ou la restauration d’œuvres, il en a coûté 1600 € - prix de l'adjudication - (plus 30% de frais) au musée pour cet achat. La directrice du musée, Anne Le Roux-Le Pimpec a obtenu l'accord de la DRAC Bretagne à Rennes pour que cette feuille, d'un artiste célèbre, et en rapport direct avec le Faouët, intègre la collection permanente.
 
Mathurin Méheut - Sabotiers près du Faouët ; dédicace et monogramme, haut à droite
  
    Se souvenant que le musée avait réalisé, au cours de l'été 2017, une belle exposition temporaire intitulée : "100 Métiers vus par les artistes en Bretagne" notre association des Amis du musée avait dans l'idée, depuis déjà un certain temps, le projet ( jamais concrétisé jusqu'à ce jour ) de faire l'acquisition de l'ouvrage de Florian Le Roy : "Vieux Métiers Bretons" car celui-ci est illustré de 350 dessins originaux de Mathurin Méheut.
    L'ouvrage était  paru en 1944, édité "sous les auspices de la Table Ronde" aux Horizons de France, à Paris, comme l'indique précisément sa page de titre. Bien sûr, épuisé depuis longtemps, cette édition originale est très convoitée par les amateurs de l'artiste et les bibliophiles...
  
Couverture des "Vieux métiers bretons" de Florian Le Roy - 1944.
 
    En écho à la feuille achetée par le musée, trois dessins, pages 104, 105 et 106 de l'ouvrage, illustrent les différentes étapes du travail de ces sabotiers bretons avec, en point d'orgue, la reproduction d'une superbe gouache, hors texte pleine page, "Sabotiers vallée de l'Ellé" directement en rapport avec la commune.
 
Sabotiers près de Clohars-Carnoët - page 104 des Vieux métiers bretons de Florian Le Roy

Sabotiers  - page 105 des Vieux métiers bretons de Florian Le Roy

Le finissage, Clohars-Carnoët - page 106 des Vieux métiers bretons de Florian Le Roy

    Les membres du bureau de l'association ont donc unanimement trouvé que c'était vraiment le moment opportun d'acheter cet ouvrage pour en faire don au musée pour sa bibliothèque.  
  
Sabotiers, vallée de l'Ellé - dessin hors texte pleine page ; Vieux métiers bretons

 L'occasion s'est présentée auprès d'un vendeur parisien présent sur les sites spécialisés dans la vente de livres anciens. Après négociation, l'achat s'est conclu au prix de 250 €. Le livre, à couverture souple, de format assez grand : 28 x 23 cm, est en très bon état. Toujours bien relié, malgré ses 80 ans d'âge, aucune rousseur, tant sur la couverture que dans les pages intérieures. Notre président, lors d'un passage dans la capitale, lundi 29 juin, a directement récupéré le livre auprès du vendeur, ce qui a évité les aléas de son expédition et les frais afférents. En résumé, un "très bon achat" !...
 
    Voilà donc un bel exemple de la synergie possible entre l'association des amis et le musée - dont elle est totalement indépendante - mise en œuvre pour conjuguer leurs efforts afin d'enrichir collection et bibliothèque de l'établissement par l'achat d’œuvres et d'ouvrages de référence - "Aventure" à renouveler !...
 

dimanche 28 juin 2026

L'ASSOCIATION ANIME LA CONFÉRENCE DU 19 JUILLET SUR L'EXPOSITION EN COURS

  

L'association des Amis du musée animera  la première conférence de la saison sur l'exposition en cours au musée : "Les sonneurs vus par les artistes en Bretagne".
Cette conférence aura lieu  le dimanche 19 juillet à 15 heures, dans la salle de conférences du musée.
Le président de l'association, Christian Bellec, racontera l'histoire des sonneurs en Bretagne par le biais d'un diaporama réalisé à partir des visuels d'un très grand nombre d’œuvres présentées dans l'expo... et d'autres qui ne le sont pas !... 
La conférence, d'une durée proche de 1h30,  aura pour titre : "Les sonneurs, sujet d'inspiration pour les artistes"
 

  L'accès à la conférence est gratuit pour les adhérent(e)s de l'association - pensez à vous munir de votre carte d'adhésion 2026 - (pour les autres visiteurs : 7 €) Le musée préfère que les participants fassent une réservation (y compris les membres de l'association). 
Vous pouvez le faire directement sur le site du musée ; chemin : "agenda  - 19 juillet - découvrir" ; le formulaire de réservation est tout en bas de la page.
Vous pouvez aussi téléphoner au 02 97 23 15 27 pour réserver vos places. 

Venez nombreux !...

mardi 23 juin 2026

L'ASSOCIATION ACHÈTE TROIS NOUVEAUX TABLEAUX POUR LE MUSÉE

  La découverte d'œuvres susceptibles d'intéresser le musée pour intégrer sa collection permanente suivrait-elle étonnamment la loi des séries ?...  Coup sur coup, trois occasions d'achat se sont en effet présentées à notre association au cours de ce mois de juin 2026, concentrées en moins de deux semaines. C'est grâce à des sites spécialisés sur lesquels la directrice du musée et nous-mêmes avons des alertes sur un certain nombres d'artistes et quelques mots-clés comme ... Le Faouët (!) - étonnant non ?... -  que nous sommes au courant des ventes et des œuvres potentiellement intéressantes qui "passent dans le commerce de l'art", selon l'expression consacrée. 

 
Le jeudi 11 juin dernier avait lieu à Pontivy une vente aux enchères chez la maison de ventes Wassilieff d'Espalingue au cours de laquelle l'association a remporté l'adjudication d'un tableau de Pierre Cadre (1884-1972) intitulé "La chaussée des géants, Le Faouët". La toile fait 38 x 46 cm et est signée en bas à gauche. L'artiste, né à Pontivy a partagé son temps entre sa ville natale et Belle-Île-en-Mer. Un catalogue richement illustré, rédigé par Danielle Blancaneaux en juillet 2011 : "Pierre-Louis Cadre, peintre de la Bretagne" retrace sa vie et présente de nombreuses œuvres du peintre. Notre tableau y est d'ailleurs reproduit page 107. Cette "Chaussée des Géants" est une allée qui permet d'accéder au site bien connu de Sainte Barbe. 
 
Pierre Cadre : La Chaussée des géants - huile sur toile 38 x 46 cm

 
Pierre Cadre : La Chaussée des Géants - hst 38 x 46 cm - titrée sur le cadre

 
Pierre Cadre : La Chaussée des Géants - hst 38 x 46 cm - dos de la toile

Couverture du catalogue "Pierre Louis CADRE, peintre de la Bretagne - Danielle Blancaneaux ; juillet 2011
 
Seconde opportunité : le samedi 20 juin, notre association a fait l'acquisition à Poitiers, à l'Hôtel des ventes de la ville ( maison Boissinot-Tailliez ), d'un tableau daté 1908, intitulé : "Le Faouët, le moulin"  - 33 x 46 cm - d'un dénommé Arthur GUÉ (1857-1916) dont nous ignorions jusqu'alors l'existence et a fortiori sa venue en Bretagne. L'étude du commissaire-priseur mettait en vente le fonds - oui, il y a bien un "s" dans ce cas !... -  d'atelier de l'artiste, originaire de Rochefort-sur-Mer, soit 102 tableaux, dont une quinzaine (huiles et aquarelles) concernaient la Bretagne. Il est plutôt rare que le fonds d'atelier d'un artiste soit dispersé 110 ans après son décès ! Cela a lieu le plus souvent tout au plus une décennie après sa disparition, mais apparemment la descendance avait tout conservé jusqu'à aujourd'hui. Cela peut expliquer aussi le peu de visibilité du peintre. Le tableau représente l'un de ces vieux moulins qui se trouvaient au bord de l'Ellé, au fond de la vallée, type de paysage que l'on peut apercevoir lorsqu'on descend, partant de la chapelle Sainte Barbe jusqu'à la fontaine et plus bas la rivière, ou aux alentours. Sauf qu'au début du 20e siècle les pentes de la vallée étaient très peu boisées.
 
Arthur Gué (1857-1916) - Le moulin, Le Faouët - hst 33 x 46 cm, datée 1908

 
Arthur Gué (1857-1916) - Le moulin, Le Faouët - hst 33 x 46 cm, datée 1908

Arthur Gué (1857-1916) - Le moulin, Le Faouët - hst 33 x 46 cm, datée 1908 - dos de la toile


En 1903 l'artiste abandonne l'atelier de chromolithographie hérité de son père à Poitiers pour se consacrer entièrement à la peinture. Il est l'élève de Luigi Loir. Il débute au Salon des artistes français en 1906 dont il devient membre l'année suivante et aura les honneurs de deux expositions personnelles à Paris dans la célèbre Galerie Georges Petit, en 1910 et 1913. Il partage alors son temps entre Poitiers et Paris.

Cachet de l'étude attestant de la vente du fonds d'atelier Arthur GUÉ (1857-1916)

Petit rappel : En janvier 2024, notre association avait acquis à Drouot, à Paris, pour en faire don au musée, un tableau d'Albert Léopold  Pierson (1864-1923) intitulé :  "L'Ellé au Faouët, derniers rayons" qui représentait un paysage assez semblable.
 
Albert Léopold Pierson (1864-1923) L'Ellé au Faouët, derniers rayons (hst 52 x 71 cm)

 
Troisième occasion : Le même jour, samedi 20 juin 2026,  était mise en vente dans le Tarn, à Albi, une huile sur toile de Claude MARKS, artiste anglo-saxon, né à Londres, actif entre 1895 et 1915. 
On ne connait pas ses dates exactes de naissance et de décès.  On sait assez peu de choses sur lui. Le musée du Faouët possède déjà une œuvre du peintre, et l'on sait qu'il est venu à plusieurs reprises au Faouët. Le tableau acheté ( 55 x 46 cm ; signé en bas à gauche) était intitulé, dans le catalogue : " Jeune fille à la baratte de beurre " (pas de mention du Faouët, donc...) mais l’œil exercé de la directrice du musée sur l'alerte que nous avons reçue de la vente à partir du nom de l'artiste, a tout de suite reconnu le capot (et le vêtement) caractéristiques du Faouët !... L'association a eu la chance également de remporter l'adjudication de ce troisième tableau lors de la vente.
 
Claude Marks - Jeune fille à la baratte de beurre - hst 55 x 46 cm

 
Claude Marks - Jeune fille à la baratte de beurre - hst (55 x 46 cm) zoom sur la signature

Claude Marks - Jeune fille à la baratte de beurre - détail
 

Rappelons que ce n'est qu'après un avis favorable de la commission d'urgence de la Direction régionale des affaires culturelles à Rennes ("DRAC Bretagne") suite aux dossiers "montés" efficacement par Anne Le Roux-Le Pimpec, que l'association a pu se porter acquéreuse de ces trois tableaux. Le musée ayant le statut de "Musée de France" et recevant des fonds du Ministère de la Culture, tout achat (ou don) est en effet soumis à l'acceptation  de cette émanation du ministère en région.


 

lundi 11 mai 2026

PODCAST SUR L'EXPOSITION "LES SONNEURS VUS PAR LES ARTISTES EN BRETAGNE" SUR "RADIO BALISE"

 

 


Anne Le Roux-Le Pimpec, directrice du musée du Faouët avait été sollicitée début avril, quelques jours après l'ouverture de l'exposition temporaire de cette année : "Les Sonneurs vus par les artistes en Bretagne", pour réaliser une interview sur Radio Balise à propos de l'exposition. Cette interview vient d'être diffusée ce matin, lundi 11 mai 2026, sur cette antenne et elle sera rediffusée le jeudi 14 mai à 17h.  Par ailleurs, elle sera également diffusée sur Radio BOA le lundi 8 juin prochain.Vous l'avez ratée ?.... pas de souci !...
 
Vous trouverez ci-dessous le lien pour accéder au podcast (celui-ci dure une vingtaine de minutes) : 
 
 
Bonne écoute à toutes et tous ! 

 


dimanche 19 avril 2026

LES SONNEURS VOUS ATTENDENT AU MUSÉE DU FAOUËT ! : L'EXPOSITION 2026 EST OUVERTE...

 

    L'exposition de la saison 2026 est ouverte au musée du Faouët !.. et pour six mois, du 4 avril au 4 octobre. Après l'ambiance des tons verts de l'an passé, une atmosphère toute différente avec des couleurs ocres, sable et bordeaux pour vous faire vivre cet évènement. Venez rencontrer ces couples de sonneurs : joueurs de biniou et de bombarde qui, depuis le Moyen-âge, ont animé les mariages mais aussi tous les évènements festifs de la vie quotidienne en Bretagne... Plus de cent-vingt œuvres, objets et documents montrent la vision esthétique, parfois exotique, des artistes sur ces sonneurs. 

 

    En Bretagne, les joueurs de biniou et de bombarde, appelés aussi sonneurs, ont été une source d’inspiration pour de nombreux artistes. De la peinture à la céramique, en passant par la gravure, la photographie ou encore la sculpture, ce couple de musiciens a été régulièrement représenté dans les différents moments de vie des Bretons.

 

     Qu’il s’agisse d’une aire à battre, d’une noce, d’un bal du 14 juillet et bien d’autres occasions, ils jouent l’air de circonstance. Au-delà de la transmission orale de leur musique, ces passeurs d’une mémoire collective ont su arranger leurs morceaux et moderniser leur pratique instrumentale, toujours d’actualité au 21e siècle.


    La représentation des joueurs de biniou et de bombarde est attestée, en Bretagne, bien avant les années 1800. En effet, quelques exemples se trouvent dès le Moyen-Âge, notamment dans la sculpture religieuse ; comme en témoigne au Faouët, l’une des sablières de la chapelle Saint-Sébastien ou encore l’un des éléments du décor du jubé de la chapelle Saint-Fiacre. 

    Ces premières représentations avaient un but bien précis : mettre en garde les fidèles du côté subversif de la musique populaire et de la danse, perçues par l’Église comme symboles de péchés, et traduisant la peur que leur inspirait ces musiciens. 

 

 

    Le couple de musiciens ne sonnait pas toute l’année même si diverses occasions se présentaient, comme lors des travaux agricoles ; à l’occasion de fêtes comme celle de la filerie ou celle profane des pardons ; ou encore lors du bal du 14 juillet et au cours d’autres réjouissances organisées par les communes et parfois les cafés. C’est néanmoins la noce, fête par excellence qui durait trois jours, qui était la plus rémunératrice ; la concurrence était donc rude entre sonneurs et certains préféraient payer des manœuvres pour les remplacer dans leur activité quotidienne plutôt que de manquer une occasion de sonner lors d’un mariage. 

  

    Effectivement, cet événement dans la vie des Bretons ne se déroulait essentiellement qu’après les grands travaux de l’été et avant ceux du printemps. Présents tout au long des festivités, les sonneurs accompagnaient les « futurs » mariés et leurs convives, adaptant leurs airs en fonction des différents moments qui rythmaient le déroulé de la noce : de l’accueil des familles à l’accompagnement du cortège d’invités, ou encore lors de la danse d’honneur après la cérémonie, mais aussi pour se rendre au festin ou pour reconduire les invités à la fin des festivités. 

 

 

    Toutes ces étapes devaient être accompagnées de l’air adéquat : joyeux, rythmé ou plus modéré. Des festivités que les artistes n’ont pas manqué de représenter, amateurs de ces scènes « pittoresques » qui mêlaient gaieté, joie, costumes, danses et musiques traditionnelles.

 


 

    Le couple biniou-bombarde, jouant en duo, n’est attesté de façon irréfutable en Bretagne dans la littérature qu’à partir des années 1800, grâce aux dessins d’Olivier Perrin à Kerfeunteun près de Quimper. Dès lors, le biniaouer (sonneur de biniou) et le talabarder (sonneur de bombarde) deviennent des personnages incontournables du paysage armoricain, rythmant tous les épisodes festifs bien gagnés dans une vie de labeur souvent éprouvante.

 


     Il n’est donc pas surprenant que la représentation de ce tandem de musiciens, ait irrigué toutes les disciplines artistiques : peinture, dessin, gravure, mais aussi la photographie, accessible vers le milieu de ce 19e siècle, et popularisée par son corollaire, la carte postale.  

 


    N’oublions pas la 3e dimension avec la sculpture et, tout particulièrement pour la Bretagne, la céramique, avec son foisonnant foyer quimpérois. C’est donc grâce à la diversité de ces médiums que les artistes ont eu le loisir de s’exprimer, chacun avec sa propre sensibilité. Des représentations de sonneurs reprises progressivement par les publicitaires qui y voient une aubaine, contribuant à diffuser et développer la figure de ces musiciens dans une forme d’imagerie de la Bretagne où le pittoresque s’allie au folklore.