L'exposition de la saison 2026 est ouverte au musée du Faouët !.. et pour six mois, du 4 avril au 4 octobre. Après l'ambiance des tons verts de l'an passé, une atmosphère toute différente avec des couleurs ocres, sable et bordeaux pour vous faire vivre cet évènement. Venez rencontrer ces couples de sonneurs : joueurs de biniou et de bombarde qui, depuis le Moyen-âge, ont animé les mariages mais aussi tous les évènements festifs de la vie quotidienne en Bretagne... Plus de cent-vingt œuvres, objets et documents montrent la vision esthétique, parfois exotique, des artistes sur ces sonneurs.
En Bretagne, les joueurs de biniou et de bombarde, appelés aussi sonneurs, ont été une source d’inspiration pour de nombreux artistes. De la peinture à la céramique, en passant par la gravure, la photographie ou encore la sculpture, ce couple de musiciens a été régulièrement représenté dans les différents moments de vie des Bretons.
Qu’il s’agisse d’une aire à battre, d’une noce, d’un bal du 14 juillet et bien d’autres occasions, ils jouent l’air de circonstance. Au-delà de la transmission orale de leur musique, ces passeurs d’une mémoire collective ont su arranger leurs morceaux et moderniser leur pratique instrumentale, toujours d’actualité au 21e siècle.
La représentation des joueurs de biniou et de bombarde est attestée, en Bretagne, bien avant les années 1800. En effet, quelques exemples se trouvent dès le Moyen-Âge, notamment dans la sculpture religieuse ; comme en témoigne au Faouët, l’une des sablières de la chapelle Saint-Sébastien ou encore l’un des éléments du décor du jubé de la chapelle Saint-Fiacre.
Ces premières représentations avaient un but bien précis : mettre en garde les fidèles du côté subversif de la musique populaire et de la danse, perçues par l’Église comme symboles de péchés, et traduisant la peur que leur inspirait ces musiciens.
Le couple de musiciens ne sonnait pas toute l’année même si diverses occasions se présentaient, comme lors des travaux agricoles ; à l’occasion de fêtes comme celle de la filerie ou celle profane des pardons ; ou encore lors du bal du 14 juillet et au cours d’autres réjouissances organisées par les communes et parfois les cafés. C’est néanmoins la noce, fête par excellence qui durait trois jours, qui était la plus rémunératrice ; la concurrence était donc rude entre sonneurs et certains préféraient payer des manœuvres pour les remplacer dans leur activité quotidienne plutôt que de manquer une occasion de sonner lors d’un mariage.
Effectivement, cet événement dans la vie des Bretons ne se déroulait essentiellement qu’après les grands travaux de l’été et avant ceux du printemps. Présents tout au long des festivités, les sonneurs accompagnaient les « futurs » mariés et leurs convives, adaptant leurs airs en fonction des différents moments qui rythmaient le déroulé de la noce : de l’accueil des familles à l’accompagnement du cortège d’invités, ou encore lors de la danse d’honneur après la cérémonie, mais aussi pour se rendre au festin ou pour reconduire les invités à la fin des festivités.
Toutes ces étapes devaient être accompagnées de l’air adéquat : joyeux, rythmé ou plus modéré. Des festivités que les artistes n’ont pas manqué de représenter, amateurs de ces scènes « pittoresques » qui mêlaient gaieté, joie, costumes, danses et musiques traditionnelles.
Le couple biniou-bombarde, jouant en duo, n’est attesté de façon irréfutable en Bretagne dans la littérature qu’à partir des années 1800, grâce aux dessins d’Olivier Perrin à Kerfeunteun près de Quimper. Dès lors, le biniaouer (sonneur de biniou) et le talabarder (sonneur de bombarde) deviennent des personnages incontournables du paysage armoricain, rythmant tous les épisodes festifs bien gagnés dans une vie de labeur souvent éprouvante.
Il n’est donc pas surprenant que la représentation de ce tandem de musiciens, ait irrigué toutes les disciplines artistiques : peinture, dessin, gravure, mais aussi la photographie, accessible vers le milieu de ce 19e siècle, et popularisée par son corollaire, la carte postale.
N’oublions pas la 3e dimension avec la sculpture et, tout particulièrement pour la Bretagne, la céramique, avec son foisonnant foyer quimpérois. C’est donc grâce à la diversité de ces médiums que les artistes ont eu le loisir de s’exprimer, chacun avec sa propre sensibilité. Des représentations de sonneurs reprises progressivement par les publicitaires qui y voient une aubaine, contribuant à diffuser et développer la figure de ces musiciens dans une forme d’imagerie de la Bretagne où le pittoresque s’allie au folklore.









Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire